Pour le meilleur et pour le pire… l’ennui et le couple

« Pour le meilleur et pour le pire jusqu’à ce que la mort nous sépare »… finalement c’est long une vie et petit à petit cet autre à qui j’ai juré fidélité m’ennuie. Persuadé que l’autre allait subvenir à tous mes besoins, allait me combler de bonheur, je me suis petit à petit endormie sur mes désirs au profit des siens, et voilà qu’après une quinzaine d’années je commence à trouver le temps long. J’ai vraiment cru que tu allais être la solution à mes problèmes et que je n’allais plus souffrir. Mais voilà je souffre encore, pire encore comme un vague ressentiment pointant son nez, une petite voix qui crie, mais qu’est-ce que tu fous, tu lui as donné tes meilleures années, tu as mis de côté tes rêves d’enfant pour lui, vas-tu te bouger ? » Ce couplet ne vous semble-t-il pas familier ? N’est-il pas plus facile d’accuser l’autre plutôt que de prendre responsabilité de nos choix et nos non-choix ?

L’ennui ici semble avoir un objet, c’est toi, l’autre, celui que j’ai pourtant choisi qui m’ennuie. Mais en sommes-nous bien certain ? Nous sommes probablement déçus de ne pas avoir réalisé nos rêves, mais pouvons-nous tout lui reprocher ? Les décisions (ou non décisions) que nous avons prises ensemble sourire aux lèvres ou rage au cœur ne sont-elles pas aussi nos choix, élaborés et pris en commun ? Est-ce la faute de l’autre si nos vies endiablées nous imposent des rythmes difficilement tenables dans la durée, si nous n’arrivons plus à trouver l’énergie à force de faire toujours passer tout le reste avant nous ?

Non, soyons honnête, il est bien plus facile de charger l’autre pour nos manques de courages, nos actes manqués, nos choix non investit. Parce que oui vivre ses choix demande de s’investir et surtout, d’oser changer. Certaines de nos décisions n’étaient-elles pas une bonne façon de nous éviter ce travail ? Accuser l’autre ne nous permet-il pas une nouvelle fois de l’éviter ?

Les couples subissant aussi le poids de la culture, de l’éducation et surtout de l’horloge biologique finissent par vivre amèrement certains choix apparaissant alors comme des imposés. Nous revoilà retombant dans la spirale de l’agir (que je dévlopperai dans d’autres article sur l’ennui). Les couples tentent alors de fuir ce nouvel ennui, attribué à l’autre, dans le travail, les maîtresses, le sport, l’alcool, le jeu… Ils oublient que leurs décisions ne sont pas immuables et qu’ils peuvent décider d’en faire autrement.

Accueillir que cet ennui est aussi, en tout ou en partie, un ennui de soi et y travailler de son côté, reconnaître que nous sommes aussi responsables des bonnes ou mauvaises décisions de couple que nous avons prises, arrêter d’attendre ce que l’autre ne peut pas m’offrir, porter un autre regard sur ce que l’autre peut par contre bel et bien amener dans le couple et le chérir… et bien sûr s’écouter vraiment sans vivre tout ce qui se dit comme un reproche ou une accusation d’avoir mal fait, mais comme des aléas parfois difficiles de la vie que nous avons choisi de partager, qui nous accable tous les deux et que nous pouvons, si nous le souhaitons, accueillir ensemble, traverser ensemble, résoudre ensemble, aimer ensemble.

Voilà ce que je souhaite à tous les couples, se déposséder quelque peu de soi pour accueillir l’autre dans sa différence et son imperfection. Laisser une place aux désirs de chacun afin de pourvoir ensuite nourrir les désirs du couple… parce que le désir nous pousse à l’aller vers et que c’est dans ce mouvement que se trouve l’énergie du vivant !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :